St-Orens sur les pas de l'histoire

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Le rugby déjà pratiqué à Bélesta et à Laroque d’Olmes est apparu à Lavelanet quelques années plus tard. Il faut attendre les années 20 puis 40 et l’arrivée aux commandes d’Alex Bioussa sous la présidence de Jean Escolier, grand industriel, pour voir les « jaunes et noirs » glaner ses premières titres nationaux.

Puis c’est la montée en « nationale » élite d’alors où le club remporte le challenge Rutherford face au Racing Club de France (Racing 92 aujourd’hui) puis disputer plusieurs ¼ de finales. En 53, le club accède aux ½ et perd le droit de disputer la finale contre Lourdes sur une erreur d’arbitrage flagrante.

Ces joueurs sont régulièrement sélectionnés en Pyrénées et font jeu égal avec les internationaux de l’époque. Mais les sélectionneurs ne viennent pas à Paul Bergère ou peu d’équipes gagnent sinon aucune. Roméro, Cano, Chaubet, Taffine, Géraud, Cubilier sont convoités par les plus grands clubs !

En 1971 le club revient sur les devants de la scène rugbystique sous la présidence de Michel Thierry, pdg du groupe éponyme actuellement passé de 6500 à 250 emplois.

Les fils des héros des années 20 et un ouvreur international anglais Roger Schakelton bougent tous les « gros » de l’époque. Le club subsiste 15 ans au plus haut niveau puis dégringole au fil des années et des fermetures des usines.

Lannes, Taffine, Barthez, Bacca, Vedel, Amiel, les frères Merlos, Monié et autres icones, des joueurs respectés y compris par les plus grands d’hier comme aujourd’hui.

Les juniors s’illustrent, l’équipe B glane des titres nationaux… et migrent à Grenoble, Perpignan ou Paris faute de travail… Voire dans les équipes de l’Ariège ambitieuses ou a emplois.

Bonhoure sera arrière et international avec Béziers, Jordana pilier à Pau, Sanchez à Montferrand, Estève à Narbonne, Merlos au Stade, Estève à Narbonne, Salette, Borios, Audabram, Morante, Parrache, Kinane, Cubilier, Palacios sont internationaux juniors. Ces années verront plus de 62 joueurs prometteurs intégrer des clubs de « nationale ».

Son école de rugby (rpo – cantonale) verra même un de ces poussins devenir champion du monde de football, Fabien Barthez (son père joua à Narbonne et Lavelanet, international B).

Lavelanet a toujours développé un rugby complet même si la légende et quelques matches épiques en ont fait un club rugueux, son stade « Paul Bergère » une forteresse imprenable sur le modèle de Montségur dont on aperçoit les vestiges depuis le milieu de la pelouse.

Aujourd’hui le club subit les contrecoups d’une crise industrielle extrême. Les écoles se vident, les usines désertes se comptent en kilomètres linéaires.

Dans un secteur ou il y a 1 club tous les 5 km (Laroque à 4 km, Bélesta à 6, Labastide-Le Peyrat à 7, Chalabre à 8, le Pays de Sault à 15, Quillan à 25, Foix à 20 et Mirepoix à 14) le Stade Lavelanétien résiste en s’appuyant sur des jeunes… aux manettes Olivier Carbonneau dont la famille est originaire de Rivel à 5 km de Bélesta et 4 de Chalabre…. mais semble condamné comme son voisin Foix à évoluer en promotion d’honneur sinon 1ere série demain.

Dimanche en rentrant sur la pelouse de Paul Bergère et en se préparant sous les tribunes les joueurs du Stade ST-ORENS poseront leurs sacs sur les traces des frères Herreros, Paparemborde, Rives ou Blanco, Villepreux … eux y ont perdus…. Comme avait perdu Novés pour son premier match à Ernest Wallon face à Lavelanet malgré un essai de 80 mètres.

Si d’occasion le Stade St Orens gagnait dimanche il serait respectueux de faire une haie d’honneur aux joueurs du Stade Lavelanétiens, derniers représentants d’un club menacé, icône d’un rugby sans qui celui d’aujourd’hui n’existerait pas.

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Nota : Audabram deviendra président de l’US Tarascon. Alain Roumieu, président à Foix et Dédé Maratuech joueur a Narbonne, pdg d’une des plus grandes entreprises du littoral et partenaire majeur de Narbonne.

Source MIGUEL Gérard

Photos / JL BEDREDE

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