A marche-champêtre sur les pas des anciens …

FOUGAX & BARRINEUF

09300

On connaissait Fougax pour sa préhension pour les pétards et les feux d’artifices, les temps sont devenus moins bruyants et violents, c’est désormais la marche champêtre et la veille des chemins de randonnée qui passionnent les femmes de la bourgade au nom double.

Tous les jours et suivant l’objectif fixé la veille, la gent féminine « fouaxem » remonte ou redescend les 4 km de longueur du village, se renforçant au passage de candidates.

Elles revisitent les chemins d’antan ou ceux indiqués sur les cartes touristiques prétexte à l’exercice physique mais aussi plaisir de se retrouver, d’avoir des nouvelles d’en haut pour celles d’en bas et inversement, le soir de retour les infos devenant transverses, la balade journalière ayant désormais pris le rôle à l’ancienne veillée.

Elles repèrent les passages encombrés ou fermés et y reviennent quelques jours après pour les dégager, soucis touristique, entretien du patrimoine, reconstitution, évocation le long des chemins de l’histoire locale, rappel des noms anciens le tout allié à une oxygénation de qualité sur un rythme adapté à toutes au point que parfois le groupe s’étire au gré du physique ou des accointances, voire conversations personnelles pour se retrouver plus loin et faire toujours des entrées remarquables de cohésion dans la vallée, puis dans un village désormais callé sur ces « march-girls » comme le disent les anglo-saxonnes locales très férus de ces sorties champêtres. « Elles passent c’est 14h…. Ah ! Elles reviennent ? Çà doit être 17h… L’heure du thé ».

Marche champêtre

Parfois, en forêt, on entend leurs papotements de loin. Un nom qui ne reviens pas en mémoire, chacun tentant de reconstituer les généalogies familiales, jamais de politique et de chasse au sanglier, quelques évocations de sport car elles ont toutes eues un grand-père, un père, un mari ou un fils qui a pratiqué le rugby, les nouvelles des enfants, des amies restées en ville, l’avancée du jardin, les poules qui pondent pas, les haricots et confits pour samedi soir s’il fait mauvais, les grillades s’il fait bon, un nouveau magasin à Lavelanet, le prix du jambon « serano » excessif, la sortie du dernier Gleyzes ou des champignons, en bref des sujets qui ne fâchent pas, assortis de leurs travaux artistiques et ludiques toutes pratiquant soit la broderie, d’autres la peinture, le sculpture ou les foies gras, le tout dans le désordre et la bonne humeur… Elles sont formidables. On suppose qu’elles évoquent les « hommes » mais malines, pour l’instant, rien n’a filtré.

Vous les reconnaitrez de loin. Elles portent toutes au dos un sac fluorescent « orange » offert par un admirateur de l’effort pédestre (surtout celui des autres) et l’été un tee-shirt caractéristique même si elles se refusent, avec raison, à créer une association manifestant ainsi leur souhait d’indépendance, de liberté, état d’esprit qui leur évite également comme souvent en Ariège de terminer par un (des) repas dans un souci de santé physique qui pourrait leur faire perdre les avantages acquis le restant de l’année… elles fédèrent en marchant.

Alors si quand vous montez à Montségur vous entrevoyez dans les sapins, sur les bords des sentiers ou au détour d’un virage des effets orangés ne soyez pas surpris ce sont les « march girls de Fougax » qui vont vers leur objectif journalier, ralentissez… Si vous n’êtes pas pressés engagez la conversation. Elles vous indiqueront les randonnées les plus spectaculaires mais aussi les bonnes adresses, véritable syndicat d’initiative mobile, office de tourisme itinérant, vrai agenda de la vallée, livre d’histoire vivant et marcheuses sans compétition mais toujours avec un objectif, découvrir encore et toujours les facettes de leur vallée natale et si possible, sinon toujours pour vous les faire découvrir dans un second temps. Formidables les marcheuses de Fougax !

Souvenir d'antan

Source : Gérard MIGUEL

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