LAROQUE D’OLMES / Redécouvrir le patrimoine

Parmi les objets classés de l’église du St-Sacrement, il y en a un, sinon dire une qui a attirée notre attention. En effet, durant de longues années, des décennies, on a cru avoir la cloche la plus vieille d’Europe. En effet, il y a de quoi perdre son latin puisqu’elle est datée en chiffres romains (CCCLXXXV), et ceux-ci indiquent l’année 385. Or, au cours d’une petite enquête, nous venons de découvrir que les premières cloches ont été introduites dans les églises qu’à partir du sixième siècle.

En 1997, au cours d’une recherche à l’affut de futurs reportages pour le support de l’Indépendant, le secrétaire de mairie m’avait dit qu’à Laroque d’Olmes, nous avions la cloche la plus vieille d’Europe. Qu’il était peut-être important de la photographier et d’en faire un texte pour mieux mettre en valeur notre patrimoine communal.

Tant bien que mal, j’ai pu photographier la cloche, un vrai calvaire d’autorisations entre le prêtre et la mairie, avant de monter à mes risques et périls à hauteur de cette cloche et pouvoir faire des clichés sur son pourtour afin de pouvoir relever les écrits qui y figuraient. Et oui, le numérique n’existait pas encore et il fallait assembler tous les clichés papier pour obtenir une phrase en latin et cette fameuse date écrite en chiffres romains.

Ma première recherche a été du côté des archives que la mairie possédait encore. Cela m’a aidé un peu, car j’ai appris que Adelin Moulis avait dans ses notes inscrit la cloche et précisé qu’il pouvait s’agir tout simplement d’une erreur du graveur de l’époque, c’est-à-dire, oublié le « M » de Mille et graver donc MCCCLXXXV.

Hors, en continuant mes recherches du côté historique j’ai découvert que les premières cloches ont été introduites dans les églises qu’à partir du sixième siècle.

En 1997, cela m’a paru suffisant pour en faire un bon article, mais j’étais toutefois insatisfait de mon enquête. J’allais en décevoir plus d’un dans mon village, à commencer par le maire de l’époque et tout les conseillers municipaux, mais finalement cette version a été acceptée.

J’étais insatisfait et j’ai donc approfondi mes recherches.

En 1999, j’étais en mesure de reprendre mon article et d’y amener le pourquoi du 385, mais l’Indépendant n’a pas suivi, pourquoi ? Tout simplement, le risque !

Le risque de rappeler de mauvais souvenirs, d’en blesser plus d’un au travers du nouvel article, et de me risquer par rapport à l’église (excommunication).

Je sais bien qu’aujourd’hui ce mot fait sourire, mais si j’en reviens à mon enfance, je me souviens de l’Abbé Tourou, lui qui faisait ses offices en latin. A un certain moment, je ne veux rechercher l’année, les messes en latin ont été arrêtées et transformées en la langue du pays, sauf pour les cantiques par exemple, dont les prêtres en utilisent encore lors de certains événements.

En 1997, j’avais pensé que le graveur de l’époque qui avait écrit 385 était un âne !

En 1999, j’avais enfin compris que le graveur avait écrit ce que l’église lui avait demandé ! Et pour comprendre complètement ce lapsus, j’ai attendu une année supplémentaire, soit le passage à l’an 2000.

Souvenez-vous, à l’aube de l’an 2000, on s’attendait à un bug informatique et puis, il ne s’est rien passé. Et bien en l’an 999, s’était un peu identique, sauf que l’église pensait à quelque chose de terrible, comme la fin du monde, et puis il ne s’est rien passé. Au XIè siècle, on écrivait les numéros en chiffres romains.

On ne connaissait pas le zéro en chiffre. Le zéro va révolutionner le monde, mais pas celui de l’église, qui elle croyait dur et ferme que le monde était plat et que sortir de ce disque était  impossible, qui essayait d’aller plus loin était comme de tomber dans un précipice.

Les Templiers au retour des croisades nous ont ramené beaucoup de choses, le chat par exemple et entre autres le zéro en chiffre. Des choses dont l’église a eu beaucoup de mal à accepter, qu’elle traitait de démoniaque, et qui osait parler de ces choses là, risquait le bucher. Donc pour l’église, après l’an 999 l’on rentrait dans une nouvelle ère. Ainsi le calendrier repartait au chiffre 1, écrit en chiffre romain.

En conclusion, l’année 385 de la nouvelle ère, ce qui pour nous veut dire 1385.

D.B.

Clocher 019

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