Sous l’égide de l’association Cathy-Yannick

Après le décès du Duc de Lévis, l’héritier, en raison de problèmes financiers, n’avait pas été en mesure du conserver le château de ses aïeux. Le domaine de presque 3ha avait été mis en vente aux enchères et avait été vendu pour ainsi dire « pour une bouchée de pain ». Aux dires des villageois, pas tout à fait soixante dix mille francs, le prix d’une voiture. Je me souviens de cette époque au tout début des années 80, j’étais souvent en vacances à Lagarde et son château était pour moi le modèle de mes débuts photographiques. A ce moment-là l’on parlait de deux fleuristes toulousaines qui auraient acquis le domaine, ce devait-être en 1983.

De 1983 à 1987 à été pour moi les années de grandes découvertes. J’étais dans le commerce et donc je prenais mes vacances aux périodes creuses, fin septembre début octobre. Et chaque fois que je revenais au château je remarquais des fouilles. C’était simple, je n’avais qu’à comparer les photographies de l’année précédente, où même parfois guidé par des locaux qui me montraient les dernières recherches… Jusqu’à un certain jour ???

J’avais vu deux voitures immatriculées du 31, je pensais des visiteurs. Mais songeant que les propriétaires étaient toulousaines, je décidais de ne pas me faire remarquer et faire mes clichés le plus discrètement possible. Mais au bout d’un moment j’ai commencé à entendre creuser, comme des coups de pioche. Je ne me trompais pas ! Mais avec tous les arbres, toute la végétation, il était vraiment difficile de m’approcher. J’ai fait au mieux et trouvé un emplacement, d’où avec un objectif de 270 j’avais réussi quelques images, jusqu’au moment où, grosse frayeur, une personne s’est subitement enfoncée et a failli disparaître. Par chance, avec l’aide des autres elle s’en est sortie.

Le lendemain, je suis allé constater ce nouveau trou. Pour être profond, si la personne avait glissé dedans, elle aurait pu passer la nuit au château !

J’avais photographié trois personnes, un homme et deux femmes, en fait trois silhouettes, dont un cliché assez clair, le dernier, celui d’une femme, celle qui avait glissée.

 

A l’aube de l’an 2000, sous l’égide de l’association Cathy-Yannick, Patrice Lebreton se lance dans un programme de rénovation du château dans le cadre d’un projet économique solidaire, soutenu par le plan départemental d’insertion. Il devient alors le locataire de Mme Danielle Gillet (les deux fleuristes, l’une a cédé sa part à l’autre) unique propriétaire du domaine.

Dès son arrivée au château, il s’installe une petite caravane près de la bergerie, s’attaque au débroussaillage et au fur et à mesure entasse toutes les pierres de taille éparpillées. En une seule année, il réussit à dégager le pourtour du château, sans chercher à mieux s’installer. Du côté des villageois beaucoup l’encouragent, d’autant que son projet pharaonique commence à prendre de l’allure. Dès l’été 2002, si le château n’est pas visitable, on peut en faire aisément le tour. Cette même année, il accueille son premier groupe pour un Chantier jeunes durant trois semaines. Cette expérience se répètera les années suivantes. En fait, ce sont toujours les mêmes qui revenaient d’Allemagne, Italie, Russie, Espagne et Mexique.

Patrice Lebreton était très ouvert au proprement parler, toute idée nouvelle était la bienvenue, son but était d’attirer sans cesse du monde pour l’aider à développer son projet. Comme moi, en tant que correspondant de presse qui pouvait faire connaître l’évolution des travaux de restauration et même encourager le public à venir visiter le site.

Patrice Lebreton était une personne très attachante, qui s’est jeté corps et âme dans une aventure titanesque, il était très travailleur, mais malheureusement pas du tout gestionnaire. Pour lui, tout lui semblait facile. Sans cesse il n’a cessé de nettoyer et reconstruire, le mot restauration ne faisait pas trop partie de son vocabulaire. L’association Cathy-Yannick a été pour lui, son lancement et son installation au château, sans plus.

Effectivement, et malgré un travail considérable, l’association est dissoute par décision du Tribunal de Foix en 2003.

Mais bien avant, il m’avait déjà soumis l’idée de créer une nouvelle association qui s’appellerait « Comité de Défense du Château de Lagarde ». Pour cela il fallait en informer la châtelaine et apporter quelques modifications au contrat initial.

Lors d’une visite au château, Patrice me là présenta, et là, grosse surprise, je n’ai pu m’empêcher de lui dire que je l’avais photographié quelque part, quelle ne m’était pas inconnue. Très étonnée, elle pouvait se demander où. Mais un correspondant fait tant de clichés, que je lui promis de rechercher dans mes archives. On peut dire que celle-là je l’avais vraiment cataloguée, depuis au moins 17 ans.

Photos : L’état du domaine au tout début 2000, 2001, 2002 et un cliché du premier groupe de « Jeunesse et reconstruction ».

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D.B.

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