Antoine VIVANCOS
Né en Espagne à Cartagena le 21 mars 1937 (en réalité le 19 mars, mais en Espagne, époque de guerre civile, la déclaration de naissance a été effectuée avec 2 jours de retard), sa famille est venue en France en 1948, et tous on été naturalisé en 1955. Pour son service militaire, Antoine fera partie de la classe 57-1B et devra effectuer 28 mois.
C’est donc en 1957 (mois et jour non précisé) que, Antoine Vivancos doit rejoindre directement en civil une caserne à Sétif, au départ de Port-Vendres. Deux jours de traversée avec une mer bien agitée. Il effectuera quatre mois de classes dans le 2ème Groupe d’hélicoptères, dont deux intensif composés de longues marches : bien équipés en armement, émetteur, bardas de bivouac et campement pour des nuits à la belle étoile. A chaque sortie, ils étaient une trentaine de combattants sous les ordres d’un sergent et un lieutenant. Durant ces deux mois, les appelés ont été usés jusqu’à la « moelle », on ne comptait plus les ampoules, éraflures, dos meurtris, sans oublier la chaleur, la soif, il tardait à chaque fois dans cette plaine d’en voir le bout, et bien heureusement, aucune mauvaise rencontre n’a été à déplorer.
Délivré des classes, il va au camp d’aviation d’Orléansville* (Algérois) et est affecté à l’entretien d’avions de reconnaissance que l’on appelait plus familièrement « mouchard ». Ce camp était à cinq kilomètres de la plus proche agglomération, et une à deux fois par semaine (seules sorties de la base) il fallait aller chercher le courrier en jeep. A chaque voyage, deux voitures et quatre à six militaires armés étaient de la balade, parmi lesquels Antoine, était un habitué. Une seule fois, un autre soldat a demandé à le remplacer, et cette seule fois un accrochage à eu lieu sur le chemin du retour. Résultat : un seul blessé léger, celui qui justement s’était proposé au remplacement, blessé par un éclat de verre, alors que les véhicules ressemblaient à des passoires.
*Orléansville : le département fut crée en 1957, de plus de 633.000 habitants et composé de sous-préfectures : Cherchell, Duperré, Miliana, Ténès… Orléansville à l'époque française, puis El-Asnam après l'indépendance.
Il a passé 4 mois de classes et 24 mois à l’entretien d’avions de reconnaissance, mais aussi un peu de construction car il aimait la maçonnerie et avait décidé de participer à la construction d’une chapelle. Durant son séjour, il a eu une seule permission, 15 jours pour revoir sa famille en Ariège.
Rendu à la vie civile, il sera maçon et tailleur de pierres, ce qui l’amènera à se découvrir une passion de sculpture sur pierre, ensuite au fil des ans, sculpteur, graveur sur bois, et divers matériaux. Antoine, par sa passion et de nombreuses expositions, est devenu un des plus grands artistes de la région. Un bon professeur en concluront les plus jeunes !
Antoine Vivancos a été honoré :
Médaille du combattant.
Titre de reconnaissance de la nation, avec barrette Afrique du Nord.
D.B.